Contre la charte des Gilets Jaunes – 3ème partie


Dans sa 3ème partie libellée « Santé/Ecologie, la charte des Gilets Jaunes continue à aligner des obligations nouvelles, des interdictions nouvelles et à désigner des coupables à la vindicte publique. Elle propose un programme de repli sur soi en jouant sur toutes les peurs qui circulent en ce moment dans notre pays et dans bien d’autres. Il ne faut plus faire de la politique de cette manière là. C’est le message le plus clair que je retire de ce travail que je poursuis, dont l’objet est de m’opposer à cette charte. Il faut faire appel à l’intelligence, à la générosité et au cœur au lieu de miser sur l’ignorance, sur la haine et sur tous les autres sentiments négatifs qui peuvent miner un être humain.

Je rappelle avant de poursuivre que cette charte n’est sans doute ni approuvée par les Gilets Jaunes du monde réel, ni même connue de la plupart d’entre eux. Ils n’en sont pas responsables. Trouvée sur les réseaux sociaux, elle me sert à construire ma propre réflexion et à vous en faire part.

Il existe déjà une loi sur l’obsolescence programmée qui en fait un délit passible de la correctionnelle. Aucune entreprise n’a jamais été poursuivie au nom de cette loi. A quoi cela sert-il de voter des lois si c’est pour ne pas les appliquer ?

Pourtant, des exemples d’obsolescence programmée abondent, surtout dans le domaine de l’électronique grand-public : ordinateurs, Smartphones, imprimantes, etc. L’appareil tombe brusquement en panne sans signe avant-coureur ou alors ses performances se dégradent. On constate soit qu’il est irréparable soit qu’il est moins cher d’en acheter un neuf que de le réparer. La réponse est sans doute que les professions concernées s’organisent elles-mêmes et fassent le ménage en leur sein. Elles y ont tout intérêt et elles seules sont capables de le faire.

Quant au marché des pièces détachées, le problème est que le constructeur est en situation de monopole. Il peut fixer leur prix comme il l’entend et il ne s’en prive pas. Il faudrait un délai à partir duquel il devrait mettre dans le domaine public les spécifications des pièces afin que se développe dans ce domaine un marché équivalent à celui des produits génériques dans le domaine pharmaceutique.

Je rappelle que toute interdiction se traduit inévitablement par la multiplication d’emplois de fonctionnaires se déployant sur tout le territoire pour la faire respecter. Poursuivre dans le sens de l’interdiction et de la réglementation de tout ne fera que prolonger la situation proche de l’asphyxie dans laquelle est déjà à peu près en train de sombrer le pays. Un système de consigne pourrait très facilement être organisé afin que soit recyclées par les industriels eux-mêmes les bouteilles, quel que soit le matériau dans lequel elles sont fabriquées. L’écologie punitive n’est vraiment pas la solution, que ce soit dans ce domaine ou dans d’autres.

C’est un peu court de prendre pour cible les laboratoires pharmaceutiques, alors que c’est l’ensemble du système de santé qui est mauvais. Il n’est pas normal que plus la population soit malade et plus cet univers prospère. Ce devrait être l’inverse : qu’ils gagnent mieux leur vie si on est en bonne santé et moins bien si la santé du pays se détériore. Ils cesseraient peut-être alors d’inventer des maladies imaginaires et des remèdes de charlatan pour les guérir, notamment dans le domaine psychiatrique, mais c’est loin d’être le seul.

Toutes ces interdictions ne font qu’encourager la fausse science. Rien n’est prouvé à l’heure actuelle en ce qui concerne la dangerosité de la plupart de ces pratiques. Ce qui est sûr c’est que les organisations environnementalistes s’enrichissent en faisant prospérer le marché de la peur.

En arrière plan de tout cela, il se répand une conception de l’homme qui fait de lui le principal responsable des maux de la terre. Par son avidité, par sa tendance à se multiplier, par son aveuglement l’amenant à puiser dans les ressources fournies par la nature sans compter, il est devenu la principale nuisance. Il faut qu’il comprenne l’étendue de sa faute et qu’il s’amende. C’est exactement sur ce mode de raisonnement que sont construites toutes les religions.

Des prêtres intéressés vous font comprendre qu’il faut sacrifier des êtres humains pour apaiser la colère des dieux, ou de Dieu, c’est selon l’époque. Dans la nôtre, le schéma se reproduit : c’est la peur qui est agitée, car l’homme, par son comportement est responsable de toutes les catastrophes. Il doit payer.

C’est ce qui se passe aujourd’hui. On nous fait payer pour des crimes imaginaires, commis collectivement, établis au nom d’une science corrompue et fallacieuse, qui jette le discrédit sur la véritable science. C’est un crime intellectuel d’une grande gravité, car nous ne disposons que des ressources de la science pour résoudre les véritables problèmes qui se posent à notre espèce.

Qu’adviendra-t-il de nous si nous ne pouvons plus y croire ? Qu’adviendra-t-il s’il n’y a plus moyen de savoir, à moins d’être un scientifique soi-même, si celui qui s’exprime au nom de la science prononce des thèses authentiquement scientifiques ? Qu’adviendra-t-il si la science est établie par des scientifiques terrifiés à l’idée de perdre leur poste s’ils disent ce qu’ils pensent ?

Il faut dénoncer ce complot, cette imposture internationale, destinée à donner du pouvoir aux uns et de l’argent aux autres, en terrifiant le peuple par des absurdités répétées à longueur de temps.

Industrialiser, c’est produire à grande échelle des produits dont tout le monde veut et les vendre sur le marché mondial. Comment espérer vendre sur le marché mondial quoi que ce soit si nous fermons nos frontières ? Au contraire, il faut les ouvrir aux produits des autres pays afin qu’ils accueillent les nôtres sans leur opposer de barrières artificielles, ce que sont les taxes en réalité : des barrières qui ne servent qu’à entretenir le parasitisme des Etats.

Le verbe « industrialiser » renvoie à l’idée que ce qui se passe dans la sphère économique d’un pays peut résulter de la volonté de ses gouvernants, d’une politique industrielle en quelque sorte. C’est une idée qui ne correspond plus à la réalité. Elle provient de l’après-guerre, période au cours de laquelle il fallait tout reconstruire. C’était peut-être utile que cette reconstruction soit organisée autour d’une politique et d’un plan.

Mais lorsque ce fut fait, toutes les tentatives ultérieures pour déployer une politique industrielle se sont révélées catastrophiques : le plan calcul, responsable de la disparition de l’industrie informatique en France, le Concorde et, plus près de nous, le scandale incroyable et incroyablement camouflé de la construction des EPR, avec les milliards gaspillés et les années perdues.

A force, ce sera peut-être un succès un jour, mais dont le pays paiera les frais pendant longtemps sur sa facture d’électricité, sans compter celle des éoliennes et du photovoltaïque.

Autre exemple, le TGV, succès si faramineux qu’aucun pays n’en a voulu. En France, il est responsable du coût démesuré du transport ferroviaire et du détournement de ressources qui auraient été bien nécessaires pour maintenir le réseau. Aujourd’hui, ce réseau est dans un état si délabré qu’il faudra dépenser bien plus pour le remettre en état que s’il n’avait pas été négligé pendant toutes ces années.

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Nous sommes collectivement habités par l’idée que, pour transformer la société, il faut abattre ses ennemis. C’est une conception qui domine la Charte des Gilets Jaunes, laquelle exprime sa vindicte contre une succession d’entités dont elle dénonce la malfaisance. Elle déclare qu’il faut les contrôler, les limiter, interdire leurs pratiques néfastes, etc.

Cette conception n’est pas nécessaire. De plus, elle est fort dangereuse, car la mise en mouvement de forces violentes et agressives peut dégénérer et devenir incontrôlable.

En réalité, tout le monde a intérêt au changement en France. Chacun, quelque soit sa catégorie sociale, subit d’une manière ou d’une autre les problèmes du pays. L’avenir de personne n’est assuré tant que ces problèmes se présenteront avec une telle gravité.

Il est donc tout à fait possible d’imaginer une politique de transformation sociale qui l’organise avec la coopération de tous. Il n’est pas vrai que cette transformation passe par la lutte de certains – considérés comme ayant raison – contre les autres. Il faut en finir avec cet allant de soi selon lequel certains profitent des problèmes des autres ;  qu’ils feront durer l’ordre des choses qui leur est favorable ; que pour changer cet ordre, il faut lutter contre eux et les abattre.

C’est une conception nocive et périmée de la transformation sociale. Avant de s’exprimer sur ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire, il y a lieu de considérer la société dans toute sa complexité. Il est vrai que c’est un système, mais ce système n’est dominé par personne et il n’est au service de personne. Tout le monde a ses problèmes : le riche comme le pauvre. Personne n’a intérêt à faire durer une situation dans laquelle le système ne répond plus, se dégrade inexorablement, coûte de plus en plus cher, sans produire davantage de résultats ou des résultats de meilleure qualité.

Tant que l’on imagine que l’on changera les choses en allant contre certains : contre une catégorie sociale, contre une catégorie professionnelle, contre une catégorie ethnique, etc. on ne créera que de la crispation, de l’immobilisme et de la violence. Chaque entité attaquée se défendra, en campant sur ses acquis.

Or il faut que chacun accepte de changer quelque chose en lui, chez lui et autour de lui pour que la société progresse et résolve ses problèmes. Il s’agit donc de penser cela comme une œuvre commune à laquelle chacun doit participer.

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