Parallèle entre les Croisades, le socialisme et la lutte contre le réchauffement climatique


Les Croisades, le socialisme et la lutte contre le réchauffement climatique correspondent à des épisodes au cours desquels, au nom de vérités supérieures, les autorités s’arrogent des pouvoirs démesurés.

Nous savons que les deux premiers épisodes se sont traduits par des crimes et des destructions de grande ampleur. Quant au second, il a été accompagné de surcroit par la généralisation de la pauvreté et du désespoir, au sein de pans entiers de la population du globe.

Si ces deux premiers épisodes appartiennent à l’histoire, le 3ème envahit notre présent. A vrai dire nous n’en vivons aujourd’hui que les prémices. Tout indique que s’il poursuivait son cours de manière débridée, il aboutirait à une forme de terreur et d’oppression parfaitement inédite. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les projets les plus extrémistes en la matière.

L’article que vous allez lire est un appel à la raison et au bon sens, bien qu’il dénonce avec une certaine fermeté les dérives de la pensée auxquelles nous assistons en ce moment.

Le socialisme à l’état pur asservit et appauvrit

Dans un précédent article, je m’étais étonné de la prégnance, au sein du corps social, de l’idée que le profit est illégitime. Cette idée est rémanente en dépit des catastrophes survenues dans les pays qui ont tenté de l’abolir. On pourrait m’objecter que si tout le monde pense peu ou prou que le profit est illégitime, c’est peut-être qu’il l’est, en dépit de cet historique.

Examinons cela de plus près. La thèse de l’illégitimité du profit est à la base de la théorie marxiste, laquelle porte sur la possibilité qu’existe une organisation politique qui le prohibe, en transférant à l’Etat la propriété de l’ensemble des moyens de production.

Un tel système a été expérimenté un certain nombre de fois dans des pays petits ou grands répartis sur toute la surface du globe. Il a entraîné à chaque fois les mêmes conséquences : l’appauvrissement généralisé des populations concernées et la violence d’Etat, autrement dit l’échec économique et le totalitarisme.

Aujourd’hui quelques pays, heureusement en nombre limité, vivent encore les conséquences, toujours les mêmes, de telles « expériences socialistes ».

Ne peut-on parler d’une loi ? Cette loi affirmerait que le socialisme entraîne l’appauvrissement des populations et l’instauration de régimes totalitaires. Affirmation d’une grande banalité, affirmation jamais démentie par quelque fait que ce soit, affirmation qui n’empêche nullement la pensée socialiste de survivre pourtant, de plus en plus malaisément, il est vrai.

Le socialisme dans sa forme atténuée également

Sans aller jusqu’à l’appropriation par l’Etat des moyens de production, la simple existence de restrictions au droit de propriété entraîne des conséquences du même ordre. Ces conséquences sont quelque peu atténuées, il est vrai, l’appauvrissement étant plus lent et la perte de pouvoir des individus au profit de l’Etat plus progressive, que celles qui résultent du socialisme de plein exercice.

Cependant, dans le cas ou de telles restrictions sont aussi importantes que celles vécues sous le fascisme (doctrine qui englobe la doctrine nazie dont le véritable nom est national-socialisme), alors l’appauvrissement et le totalitarisme sont de la même ampleur que sous le socialisme. Même si le fascisme autorise l’enrichissement de quelques entrepreneurs favorisés par le régime, ceux-ci ne décident pas de la direction à donner à leurs futurs investissements. Ils n’ont donc d’entrepreneurs que le nom.

Dans un cas comme dans l’autre, le totalitarisme menace directement les vies des populations, victimes potentielles de l’arbitraire d’Etat. Personne n’est maître en quoi que ce soit de sa vie, sous un régime totalitaire, qu’il soit socialiste ou fasciste.

Le fascisme l’affirme ouvertement : le citoyen n’est rien. Ses désirs doivent s’effacer au profit de la nation, laquelle s’exprime par la voix de son chef, maître absolu des idées et des cœurs.

Dans le cas du socialisme, il ne s’agit pas de quelque effet pervers – des idéaux légitimes ayant été déformés par la malignité humaine. Il s’agit de conséquences directes de l’idée que le profit est illégitime. Celle-ci implique que personne n’a le droit de jouir de ses propriétés. Or c’est une idée qu’il est difficile d’admettre pour tout individu engagé dans l’effort de construction de sa vie. En réalité, les seuls à y croire sont une minorité d’individus victimes d’une forte imprégnation idéologique qui leur permet de participer au pouvoir. Ils participent à l’instauration de cette idée en vérité d’Etat et ils comprennent que cela implique de faire silence autour des idées adverses. On ne peut convaincre les individus d’aller contre leurs intérêts. Il faut les y forcer. Ceci enclenche la violence d’Etat et tout ce qui s’ensuit.

Pourtant l’idée de l’illégitimité du profit s’est insinuée partout dans notre société, même si celle-ci n’a pas instauré le socialisme. Cependant, une telle idée permet aux autorités de restreindre à leur guise telle conséquence ou telle autre de la propriété privée.

Rien de tout cela n’est ouvert et transparent. Il va de soi que le profit est illégitime. Toute mesure allant dans le sens de le limiter quelque peu l’est donc également. Cela n’est pas écrit dans la Constitution, laquelle proclame au contraire le droit de propriété, l’inviolabilité de cette dernière et le droit d’en jouir librement.

L’Etat s’arroge néanmoins tous les jours de nouveaux droits dont l’effet est de la restreindre.

Le cercle vicieux du droit du travail : ses effets pervers l’amènent à se renforcer …

Il en est ainsi du droit du travail, dont l’ampleur, la portée, la minutie dans les détails n’ont fait que croître au cours du temps au point qu’aujourd’hui, la première préoccupation de tout entrepreneur est de réaliser ses projets autant que possible « sans personnel » ou avec aussi peu de personnel que possible.

Ce droit du travail, en empêchant la libre négociation entre les personnes concernées des conditions d’une embauche, dans le but de protéger le salarié – car il est supposé être en situation d’infériorité systématique – entretient lui-même sa propre justification.

Sa principale conséquence est en effet de limiter l’offre de travail. Ce droit entretient par sa seule existence une situation dans laquelle la demande de travail est surabondante[1]. C’est cette conséquence qui laisse le demandeur d’emploi démuni devant des conditions de travail qu’il serait contraint d’accepter, en dépit de leur pénibilité.

L’Etat crée donc une pénurie dont les conséquences sont telles qu’il justifie son existence en en limitant quelque peu la gravité. Mais cette action accroît la pénurie et donc sa propension à prendre encore davantage de mesures du même type. Et ainsi de suite. Il ne lui vient pas à l’esprit qu’il est à la source du problème. La seule mesure de salut public serait de démanteler l’ensemble de sa construction réglementaire et de fermer l’administration qui est chargée d’en imposer le respect.

Lorsque la réglementation du travail est minimale, voire inexistante, l’offre de travail s’accroit et le jeu de la libre négociation entre les acteurs aboutit à des conditions de travail qui s’améliorent au cours du temps.

En réalité, la rareté du travail présente une série d’effet d’aubaine pour les tenants de la régulation de l’économie par l’Etat – c’est l’expression qu’ils utilisent pour exprimer le fait que l’Etat la met en coupe réglée. Les mesures d’encadrement du travail – notamment l’instauration du salaire minimum et l’augmentation continuelle de son niveau – accroissent la rareté de ce même travail, entrainant l’existence d’un nombre de plus en plus considérable d’exclus. L’Etat s’occupe alors de financer leur subsistance en ponctionnant de plus en plus les entreprises et les personnes qu’elles emploient, accroissant encore davantage la dépendance de ses dernières vis-à-vis de leur employeur tout en fragilisant les entreprises.

Généralisation de l’Etat pléthorique et parasite

L’Etat engendre de cette manière pour les uns et pour les autres des contraintes telles que les nécessités de la simple survie les incitent à y échapper. Tout un arsenal de mesures réglementaires et de systèmes de contrôle, de mieux en mieux pourvus se mettent en place afin d’y parer. Ils se développent ensuite, car ils entraînent à leur tour l’apparition de nouvelles techniques d’évitement. De proche en proche, une machine infernale se met en place dans laquelle de plus en plus de personnes sont détournées de toute activité productive.

Les unes sont occupées à formuler de nouvelles règles, destinées à empêcher que celles qui existent déjà ne soient détournées. Les autres à découvrir leurs failles afin de les détourner malgré tout. La bureaucratie dont la raison d’être n’est que de faire appliquer les règles et de sanctionner les contrevenants doit accroître constamment ses effectifs. L’armée des défenseurs également. Tous consacrent en réalité leur existence à brasser du vent en étant bien payés pour cela.

Toujours est-il que la pression de l’Etat s’accroît inexorablement, au point de représenter une forme de violence, certes moins immédiatement perceptible que celle de l’Etat totalitaire, mais tout aussi réelle. Cette violence insidieuse se répand à l’ensemble de la société en dégradant de proche en proche toutes les relations des personnes entre elles. Ce sinistre tableau est hélas représentatif de la situation actuelle de la France.

Une nouvelle forme d’imprégnation culturelle affirme la nocivité de l’être humain

Aujourd’hui une nouvelle forme de restriction au droit de propriété surgit, issue d’une nouvelle forme d’imprégnation culturelle, patiemment construite depuis les années 60 du XXème siècle. Son mode de fonctionnement fut d’annoncer à chaque décennie des prévisions catastrophiques pour la décennie suivante et à en inventer de nouvelles lorsque celles-ci ne se sont pas réalisées. L’accumulation et la persistance des démentis infligés par la réalité n’ont pas empêchée cette manoeuvre de prospérer, tellement l’industrie de l’information se préoccupe d’annihiler la mémoire des populations en saturant en permanence les esprits par l’annonce de nouveaux événements.

Pourtant, cette histoire, il est possible de l’écrire. Depuis le rapport de Rome en 1959 et sans discontinuer, les marchands de peur prédisent l’imminence d’une catastrophe après l’autre. Que celles-ci ne se réalisent pas n’entraîne nullement le rétrécissement de leur marché, bien au contraire. Il est de mieux en mieux organisé, avec ses multinationales et ses relais politiques et médiatiques. Ils ont prédit alternativement la faim ou l’épuisement d’une ressource ou de l’autre ou de toutes. L’échec de chaque prédiction n’a pas nui à la suivante. Ces puissances ont réussi à corrompre ou à terrifier une partie de la communauté scientifique, laquelle n’ose plus leur résister.

Notre civilisation a développé des modes de production d’énergie permettant d’en disposer de manière quasiment illimitée et à faible coût. Nos marchands de peur se sont mis en tête d’interdire, de brider, de rendre peccamineuse l’exploitation de cette richesse, laquelle est une condition de la croissance économique. Ces forces sont d’ailleurs ouvertement opposées à l’idée que l’économie doive croître, ce qui donne une certaine cohérence à leur propos.

La lutte contre le réchauffement climatique conduit l’Europe à la catastrophe

Leur véhicule actuel de pénétration du marché rencontre un succès considérable, perçu en Europe de l’Ouest comme étant planétaire. Cette perception provient du fait que ce véhicule est en situation de quasi unanimisme dans les esprits de la population qui vit dans notre région du monde. Ce véhicule est la croyance que la terre se réchauffe de manière catastrophique, que ceci est dû à l’activité humaine et qu’il est possible de freiner ce réchauffement en restreignant cette activité. Par un phénomène qui ressemble à ce que l’on appelait autrefois l’ethnocentrisme, comme cette croyance est unanime chez nous, nous pensons qu’elle est partagée dans le monde entier, ce qui est loin d’être le cas.

Le résultat pratique de cette croyance est la mise en œuvre de son 3ème terme, qui est l’impératif de restreindre l’activité humaine. Cet impératif n’est pas annoncé ouvertement, mais il est représenté par la pression visant à abandonner les énergies fossiles, en prétendant que les énergies renouvelables pourront les remplacer. Ayant réussi à prôner, lors d’une phase précédente de leur combat contre notre espèce, l’abandon de l’énergie nucléaire, les tenants de cette croyance conduisent les pays qui les suivront vers un inexorable déclin.

Pourquoi penser qu’il s’agit d’un phénomène équivalent à celui d’une restriction du droit de propriété ? Je crois que l’ensemble de la population est spoliée lorsque l’Etat impose l’abandon progressif des énergies disponibles à faible coût pour y substituer des formes d’énergie bien plus chères et qui aboutiront forcément à limiter la consommation. C’est ce qui se passe en Allemagne, pays dans lequel l’électricité coûte déjà deux fois plus cher qu’en France. Le prix de l’énergie amorce sa croissance en France également et il ne se passera pas une décennie, si rien n’est fait pour inverser la tendance d’ici là, avant qu’il ne rattrape ou dépasse le prix allemand. Ces deux pays amorcent donc leur décroissance et ils entraîneront avec eux dans cette direction le reste de l’Europe.

Contrairement à la croyance dans l’illégitimité du profit, que les gouvernements socialistes furent obligés d’imposer par la force et par la terreur à leur population, la croyance que le climat se réchauffe en raison de l’activité humaine est acceptée par nos populations, à peu près sans restriction. Ce sont les conséquences qu’en tirent les Etats qui passent plus mal, car la population refuse qu’on l’appauvrisse. Aujourd’hui, la résistance est l’apanage des parties les plus démunies de cette population, dont l’équilibre est si précaire qu’il est menacé par la moindre mesure déstabilisatrice.

La théorie dominante du climat repose sur une corruption de la pensée scientifique

Je voudrais me placer un instant sur le terrain épistémologique. Je pense ici au cœur de cette discipline, qui est la théorie de la science elle-même. Rappelons que son objet est d’énoncer les critères de scientificité d’un domaine donné. Un nouveau critère vient d’être inventé, afin de donner une allure scientifique à la théorie officielle du climat, celui du « consensus de la communauté scientifique ».

On nous a fabriqué une nouvelle loi de l’épistémologie : une théorie est scientifique si elle rencontre le consensus de la communauté scientifique. Parfois, cette loi s’exprime sur un ton moins exigeant : si 90% des scientifiques sont d’accord, cela suffit. Nous avons assisté au spectacle de pays ayant voté pour confirmer leur accord avec une théorie, laquelle n’était scientifique qu’au sens de la preuve par le « consensus de la communauté scientifique ».

Il s’agit de l’antithèse même de la science, laquelle repose sur l’idée que si une théorie est démontrée, elle s’impose à l’ensemble de la communauté scientifique indépendamment des effectifs de ceux qui pensaient auparavant le contraire. Il n’y a pas de majorité d’opinion en ce qui concerne la science. Lorsqu’on est dans le domaine de l’incertain ou de l’indémontrable, on peut émettre des conjectures, auxquelles se joignent des partisans et s’opposent des adversaires. Aucun scientifique ne s’avisera de donner plus de poids à une conjecture qui aura réuni davantage de partisans que d’adversaires. Seule la démonstration possède quelque valeur scientifique.

Tout cela ne fait aucun doute au sein de cette fameuse communauté scientifique. Si celle-ci laisse proférer sans rien dire des énormités au sujet de la valeur scientifique des majorités d’idées s’étant formé en son sein, aucun de ses membres ne le pense. Pourquoi ce silence ? C’est soit qu’elle est terrifiée à l’idée d’aller contre le courant, soit qu’elle cherche à préserver ses intérêts de carrière, soit qu’elle est victime de l’imprégnation idéologique ambiante au sujet de la nocivité de l’être humain. Il s’agit probablement d’une combinaison en proportion variable de ces trois éléments.

Les faits démentent la théorie dominante du climat

La science du climat est jeune et balbutiante. La théorie du réchauffement climatique anthropique est de l’ordre de la conjecture. Elle fut étayée par la production de modèles du climat dont les anticipations faisaient varier ce réchauffement dans un rapport de 1 à 8. Un tel écart revient à dire qu’il n’existe toujours pas de modèle satisfaisant. Pourtant les Etats ont voté pour le haut de la fourchette, conformément à ce qui était perçu comme leur intérêt, je suppose. N’est-il pas aberrant en soi que l’on passe au vote sur des motions de ce type ? De plus, une lecture impartiale des courbes de variation du climat montre que la température du globe n’a pas augmenté au cours des 17 années précédent 2016. Pourquoi un tel fait, en contradiction manifeste avec les anticipations de tous les modèles du GIEC, ne fait-il l’objet d’aucune explication, d’aucune recherche, d’aucune publicité ?

Quant aux températures de 2016 et 2017, elles relèvent de la météorologie, science qu’il ne faut pas confondre avec celle du climat. L’une s’occupe d’anticipations courtes et d’explication des phénomènes récents et l’autre des tendances et variations sur une longue période.

Toujours est-il que les données sont de plus en plus en faveur de la thèse que les phénomènes énergétiques se déroulant à la surface du soleil ont plus d’influence sur le climat terrestre que nos petites activités. Voilà qui remet la prétention humaine à sa place. Nous avons très peu d’influence sur le climat et nous pouvons modifier nos comportements autant que nous le voulons, cela n’y changera rien ou peu de chose.

Il faut donc s’adapter aux variations climatiques et faire avancer la science du climat en la débarrassant du fardeau de devoir étayer des croyances lesquelles peuvent être qualifiées d’idéologie de la décroissance.

Pendant ce temps les vrais problèmes sont ignorés

Nous avons de réelles préoccupations sur terre dans le domaine de l’écologie : la gestion des déchets est véritablement catastrophique, l’eau et l’assainissement, la migration vers les villes sont les véritables problèmes qui se posent à nous. Pour les résoudre, il faut produire de l’énergie sans aucune limitation d’ordre idéologique et il faut en produite de plus en plus, en tous les points du globe. Nous ne pourrons pas résoudre nos problèmes à partir d’un approvisionnement énergétique intermittent et parcimonieux. Ce n’est pas au moment d’engager un énorme effort que l’on doit commencer par multiplier les handicaps.

Au lieu de nous concentrer sur les véritables problèmes qui se posent à nous, nous nous laissons entraîner par une idéologie mortifère. Celle-ci consiste à laisser penser à l’être humain qu’il est responsable de tous les maux de la terre, que son avidité, son besoin de consommer, sa médiocrité, en fin de compte, sont responsables de la fin prochaine de la vie sur terre. Or tout indique que l’être humain est au contraire d’une inventivité et d’une générosité sans limites. Il a besoin de croire en lui et il y a le plus grand droit.

Nous sommes revenus à l’époque des prophètes de malheur, qui faisaient la quête à la fin de leur sermon. Malheureusement, aujourd’hui, il ne s’agit pas d’illuminés isolés ou de professeurs Philipulus tout droit sortis de l’asile, mais de voix étatiques dont on ne peut croire un seul instant en l’innocence ou au désintéressement.

En réalité, une coalition d’intérêts s’est liguée contre notre espèce en prétendant la protéger contre elle-même. Au premier rang, les multinationales de la peur – Greenpeace, Oxfam et autres WWF en tête. Ensuite, les Etats interventionnistes, car s’il existait, le problème du climat serait, par nature, impossible à traiter par le marché : l’existence même de ce problème justifie leur existence. Il tombe à pic, tellement leur échec dans tout ce qu’ils avaient entrepris auparavant de traiter est patente. Cette thèse du réchauffement climatique leur offre un domaine que le marché ne pourra pas leur contester. Enfin, les professionnels des catastrophes que sont devenus les journalistes, car avec le thème du climat, ils disposent d’un filon inépuisable, aux multiples facettes, qui les nourrira grassement pendant longtemps.

La complicité de la science reste une énigme, sauf si on se met à regarder de près la composante idéologique. Ce projet collectif de limiter le réchauffement climatique en régissant de proche en proche l’ensemble des activités humaines ressemble fort à un retour par la fenêtre du socialisme que l’on croyait avoir chassé par la porte. Il est malheureusement trop clair que les universités du monde libre restent ou sont devenues des bastions idéologiques. Pour parachever l’ouvrage, le jeu des pouvoirs – pouvoir de décider des budgets et de décider des déroulements de carrière – a suffi à museler les oppositions. En pratique, en ce qui concerne le climat, il n’est pas exagéré d’affirmer que les scientifiques se sont laissé corrompre.

Toujours est-il que dans notre pays, tout cela est passé comme une lettre à la poste. Les esprits y sont si bien préparés à croire à tout ce qu’on leur dit dès qu’il s’agit de jeter l’opprobre sur le marché ! Cette thèse tombe bien finalement, car elle évite de s’interroger sur la faillite des Etats.

La France est unanime dans la croyance en l’existence d’un réchauffement climatique, en la responsabilité exclusive pour l’expliquer des émissions humaines de CO2, en la possibilité d’interrompre ce réchauffement par la réduction du volume de ces émissions. C’est la nouvelle Sainte Trinité. L’Allemagne y croit avec le même unanimisme, le Benelux et les pays scandinaves également. Dans notre pays, l’effectif des sceptiques est voisin de zéro. Ceux qui osent affirmer ouvertement ce scepticisme constituent une infime minorité de cette infime minorité.

Parallèle avec l’époque des Croisades

Nous sommes en présence d’un phénomène à peu près unique depuis le Moyen-âge. Cette notion de Moyen-âge est contestée par de nombreux historiens, car considérer qu’une période de mille ans environ puisse constituer un continuum historique, ce n’est pas très crédible. Il reste incontestable qu’entre le Xème et le XIIIème siècle, il existait en Europe[2] une croyance répandue dans l’ensemble de la population et contre laquelle il ne venait à l’idée de personne de prononcer une seule phrase. Il s’agit de la foi chrétienne.

A cette époque, les délinquants, les criminels ou même ceux qui transgressait la morale de manière moins sérieuse se vivaient comme des pêcheurs. Cela revient à dire qu’ils ne remettaient pas en question le dogme. Ils le transgressaient en raison de leur faiblesse ou parce que le diable les habitait. Si la justice les condamnait, ils trouvaient la sentence justifiée, même si elle allait prendre leur vie.

Lorsque le Pape a demandé aux Seigneurs d’Europe de lever des armées afin de libérer le tombeau du Christ des mains des infidèles, ils ont tous suivi. Les Croisés étaient convaincus que s’ils tombaient au cours de la guerre Sainte, ils iraient directement au paradis.

Aujourd’hui, une parole papale ne suffit plus. Il a fallu trouver des scientifiques pour donner une certaine caution au nouvel évangile, mais ceux-ci ont été floués. Les nuances et précautions dont ils ont agrémenté leur propos ont été effacées des rapports de synthèse, lesquels ne contenaient plus que des certitudes. En quelques décennies, le dogme s’est répandu.

Je crois qu’il a remplacé le vide laissé par le mythe de la lutte des classes et de la révolution prolétarienne, lequel a implosé en août 1989. Ce mythe avait fait des adeptes parce que les idées de générosité, de partage, d’égalité entre les êtres humains paraissent très justes. Celui qui les adopte vit dans le sentiment de se trouver du bon côté.

Aujourd’hui, ceux qui cherchent constamment des solutions pour économiser l’énergie, substituer aux énergies fossiles des énergies dites renouvelables, ceux qui prêchent ces nécessités, ceux qui relaient les peurs liées au climat, tous ont le sentiment de faire le bien, d’être du bon côté, d’être annonciateurs d’un monde nouveau.

De même ceux qui son partis pour les croisades du Moyen-âge : ils pensaient appartenir au camp du bien. Ils ont perpétré des massacres, des pillages, des destructions de grande ampleur dans tout le Moyen-Orient, au nom du Christ[3].

L’idéologie de la décroissance est une agression contre le genre humain

Comparaison n’est pas raison, me direz-vous. Je crois en effet que la forme adoptée aujourd’hui est plus subtile. Il n’en reste pas moins que nous avons signé des accords de Paris dont la principale mesure est d’attribuer des fonds aux pays du Tiers-Monde afin qu’ils interrompent leur développement. C’est à cela que se ramène le financement de leur lutte contre le réchauffement climatique.

De proche en proche, si ces accords étaient appliqués, ces mesures seraient l’équivalent de payer les gens pour qu’ils arrêtent de vivre.

Je pense à cette histoire rapportée par ce chirurgien de brousse dans je ne sais plus quel pays d’Afrique subsaharienne. L’ONG qui livrait son bloc opératoire imposait qu’il soit alimenté en énergie photovoltaïque. Mes souvenirs se brouillent : entre en compétition avec cette histoire une variante dans laquelle il s’agissait du réfrigérateur. Cette variante me parait encore plus énorme. Mais qui sait ? Toujours est-il que les protestations indignées de ce chirurgien n’ont pas du tout intéressé les généreux donateurs : qu’il veuille pouvoir soigner les gens qu’il y ait du soleil ou non, ils s’en moquaient.

Cette anecdote jette une lumière terrible sur les conséquences réelles de l’idéologie de la décroissance, dont la théorie climatique n’est que le vecteur actuel. Cette idéologie frappe en priorité la partie la plus démunie de l’humanité, celle pour laquelle la croissance est vitale. Dans nos pays, si la pauvreté est un drame terrible, elle n’entraîne pas souvent la mort, même si cela arrive parfois. En revanche, dans les pays dont l’équilibre alimentaire est précaire, l’arrêt du développement condamne à mort des pans entiers de la population.

Le remède aux problèmes de la planète est de poursuivre le développement

Cela nous ramène au point de départ de toute cette construction idéologique. Elle est née de la peur de la surpopulation. Or cette peur n’est pas justifiée. Notre espèce  a toujours réussi à faire face à tous les accroissements de la population. Aujourd’hui, le remède trouvé par les marchands de peur est de faire interdire les solutions qui sont à notre portée – notamment le génie génétique et l’agrochimie. Y a-t-il une limite à la croissance démographique ? C’est probable, mais nous ne la connaissons pas. Il n’est pas sûr que nous la connaissions jamais puisque ce que nous constatons, c’est que la population des pays qui atteignent un niveau de vie satisfaisant cesse de croître. Le remède aux problèmes de la planète n’est pas l’arrêt du développement, mais sa poursuite.

[1] Aujourd’hui, il existe des pénuries de main d’œuvre dans certains domaines, alors que le taux de chômage continue à être important. C’est qu’il frappe en priorité les personnes non recherchées par les entreprises : les jeunes sans qualification et les personnes considérées par le marché comme trop âgées.

[2] A l’exception de l’Espagne et du Portugal : cette période est le temps de la Reconquista de la péninsule ibérique, en son début presque entièrement dominée par le royaume musulman d’Andalousie. En pratique y coexistaient les trois religions monothéistes.

[3] Lire « Les Croisades vues par les Arabes », de Amin Maalouf.

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